lundi 1 décembre 2008

Amoureux ...


Il m'a dit ça aujourd'hui. Beau, serein, sur ce quai de métro. Je savais bien que ma vie allait forcément basculée un jour prochain, poussé par un psy opiniâtre qui me pressait de "faire le forcing" et de pousser cette histoire jusqu'à ses limites. J'avais trop tergiversé, trop douté, et mû probablement par cette trouille toujours omniprésente j'avançais d'un pas pour reculer de deux sans vraiment aller jusqu'au bout de mes envies (les connaissais-je vraiment ?) et de mes questions...
Je me devais d'y mettre un terme d'une manière ou d'une autre. Avancer , le seul credo de la "faculté de médecine", devenait le refrain préféré de mon entourage.
Quitte à me prendre ce fameux mur tant redouté!!!
Alors j'y suis allée, la fleur au fusil, le coeur au bord des lèvres, sans préjugé de rien.
Doucement j'ai repris contact, et la vie a fait le reste...coïncidence de calendrier nous nous sommes retrouvés aujourd'hui dans un lieu hautement symbolique (le salon du livre) par une journée spéciale (l'anniversaire de Neverland). Je ne m'attendais à rien de particulier juste "renouer" un peu histoire de voir la suite...

"Je suis amoureux". Il m'a dit ça avec un grand sourire , pendant que le sol se dérobait sous mes pas et que stoïque j'encaissais le "mur" que je n'avais même pas vu arriver, moi si pessimiste pourtant!!! De quoi en rire vraiment!!!

Ah bien sur, de suite il s'est rattrapé..."je t'aime aussi évidemment"...

Que répondre? Que moi aussi je suis amoureuse d'un autre et que cela n'est pas bien grave entre nous, cela ayant toujours fait partie de notre conception de l'amour...

A un détail près, ce livre qu'il avait dans la main...pour lui offrir.
A bien y repenser il ne m'a jamais rien offert .
Il n'a jamais dit non plus qu'il était amoureux de moi. Il ne m'a jamais parlé comme il lui à parlé au téléphone.
Pire...pour la première fois ou j'évoquais la volonté d'un autre enfant , il n'a même pas rebondi sur le sujet comme à chaque fois!!!!

Problème de timming m' ont suggéré certains...je ne crois pas.

Il m'aime ,oui je veux bien le croire, à sa façon, mais sans "me supporter plus d'une heure"(dixit sur ce même quai de métro!!)
Disons qu'il "m'apprécie" (même si je sais pertinemment qu'il abhorrerait cette expression).
Les hommes sont lâches et inconstant selon lui.
Je l'aime, je ne le rangerais donc pas à son tour dans cette catégorisation peu flatteuse de ses semblables.
Je suis heureuse pour lui. Il avait vraiment l'air bien.

J'avance donc...

Les larmes qui roulaient sur mes joues dans le RER, sans que je puisse les arrêter n 'y changeront rien. La conscience aiguë et soudaine de cette envie d'un enfant qui ne verra jamais le jour m' a rattrapé et le voile s'est déchiré dans mon esprit embrumé.

Me reste à faire le deuil.

La mission du psy à porté ses fruits plus vite que prévu...


J'avance.
Debout.
Fragile.
Mais finalement encore vivante.
Me reste juste à ne pas trébucher...







détail d'Ophélie de J. E. Millais


"La rivière suit toujours son cours,
Entre deux rives couvertes d'herbe,
Les voix de mille oiseaux
Qui résonnent dans ma tête
M'emporteront
vers un rêve encore plus triste,
Lorsque ce triste rêve sera terminé. "


Elizabeth Siddal