mardi 1 janvier 2008

Pleurer des rivières...

"Ophelie" Paul Steck

J'ai un aveu à vous faire... j'ai toujours détesté le réveillon du 31... et à vrai dire, en général il me le rend bien!!!!

Cette année (enfin l'année dernière maintenant) pour ne pas changer, j'appréhendais énormément cette soirée qui marque la fin et le renouveau. Oui je sais, je devrais me faire psychanalyser pour comprendre cette angoisse mais je préfère m'y vautrer allègrement!!!
Et justement, quitte à assumer (maître mot que j'affectionne particulièrement) je décide de passer ce soir du 31, seule, retirer de la foule et du monde, qui ne me font pas défaut depuis l'ouverture de Neverland.
Mais puisque nous en sommes aux aveux, mon souhait réel était de passer cette soirée en tête-à-tête avec un homme que j'aime... pas de fête, pas de foule pas de tralala... juste un peu de chabadabada...
Pour qui connaît mes pérégrinations amoureuses l'expression "un homme que j'aime" ne soulèvera aucune interrogation. Pour les autres... disons que le concept de l'amoureux unique ne fait plus partie de mon vocabulaire!!!
Seulement voilà... à bien y regarder, il semblerait que même la dénomination "un homme que j'aime" se réduise désormais à peau de chagrin...
C'est bien simple, sur les trois "hommes de ma vie "actuels, le premier est mort et enterré, le deuxième maqué de chez maqué et le 3 ème... ne m'aime pas!!!!
Avouez que la situation à de quoi me faire pleurer... des rivières...

Je m'étais pourtant préparé à affronter cette soirée... mais vous connaissez cette saleté de petite idée qui s'insinue en vous parfois et qu'on appelle l'espoir...
J'avoue y avoir succombé. Et comme à chaque fois j'ai cru au miracle.
Dans un premier temps j'avais gentiment décliné toute invitation de fête familiale ou amicale (me savoir entourer toute l'année par une famille et des amis aimants suffisait amplement à mon bonheur) et l'absence de mon fils chéri, partit réveillonner chez son paternel, me donnait l'occasion de penser un peu à ma vie amoureuse...
Las, chérir les morts n'est pas des plus raisonnable et le rôle de la femme adorée mais cachée est difficile à supporter en ces périodes de fêtes.
Alors bien que je me sois juré de ne rien attendre d'un homme qui de toute évidence à pour devise "faite ce que je dis mais pas ce que fais», je tente le tout pour le tout.
Sachant à l'avance que je fonce droit dans le mur je ne crains rien (croyais-je à tord).
C'était sans compter, l'aspect Dr Jekyll et Mr Hyde du monsieur...
Me voilà pendant quelques heures, pleine d'espoir avec une perspective inattendue de possible retrouvaille.

Bien qu'ayant mis des réserves (pour raison de boulot, excuse totalement intelligible pour moi) dans un premier temps, une soirée semblait envisageable voir même souhaitée de part et d'autre...
De quoi ramollir considérablement mes défenses (pourtant à pieds d'œuvre en général face au sieur en question) et me laisser soudain bercé d'illusions...
...réduites à néant en une phrase à quelques heures du rdv... et avec quel brillant retournement de situation!!!!
Il n'est plus question de boulot finalement mais d'autres femmes...
Et d'ailleurs... ne lui avais-je pas déjà reproché sa conduite??? N’avais-je point déjà mis un terme à cette sorte de relation ?

Vous l'aurez bien compris... je ne peux m'en prendre qu'à moi-même!!!!
Quelle claque!
La déception, mêlé à l'humiliation, la honte et la rage, ne font pas bon ménage sur un visage...

Ma chère Julie London me hante avec "cry me a river".

Surtout, j'espère n'avoir jamais fait subir cette douleur, même inconsciemment, à quiconque. J'assume parfaitement ma vision de l'amour mais je me crois honnête et je pense que l'on peut et doit se montrer sincère et franc dans ce genre de relation. Pour cela faut-il encore ne pas se montrer égoïste et s'intéresser aux sentiments des autres. Je ne pense pas avoir une vision idéaliste de l'amour, juste parfois un peu différente du commun des mortels. Je l'assume parfaitement mais je refuserais toujours de la faire passer au dépends des autres.
Là est sans doute toute la différence, mais je me garderais bien d'être à mon tour une donneuse de leçon!!!

Alors bien sur je m'interroge... suis-je si bête, naïve, idéaliste ou que sais-je encore????
Je me retrouve, comme une femme battue, à chercher ma responsabilité, à m'en vouloir, me maudire (jusqu'a quatre générations)...

Et puis l'aube se lève, une nouvelle année est là. J'ai définitivement perdu mon combat avec ce satané réveillon du 31!!!!

Mais je suis là, vivante, et peut être un jour libre qui sait ?

Ne voyez ici aucune plainte, aucune supplique.
Juste un début de "recollage" de morceau, une petite tentative pour mettre les choses à plat et se regarder dans le miroir sans se haïr totalement.
Une confession de premier de l'an en somme...

Lamousmé

qui vous souhaite une formidable année 2008