mercredi 28 février 2007

De battre mon coeur s'est arrêté...

...depuis ce soir ,car j'ai enfin accepté l'idée que tu ne m'aimeras jamais comme je le désirais. Alors même si j'en crève, même si j'ai peur de ne jamais pouvoir cesser ses pleurs, même si les larmes creusent des sillons et que la glace me renvoie l'image de cet abandon, je sais bien que jamais je ne regretterais d'être morte un peu plus chaque jour depuis que je t'ai rencontré. Et tant pis si cela fait vieux cliché.
Tu me voulais soumise je ne suis plus que résignée...




"Ophélie " Millais

lundi 26 février 2007

Au boxon...



Si vous entrez chez moi vous remarquerez deux choses essentielles et indéfectibles de ma personnalité : le "foutoir" et la couleur orange!!!
Mon intérieur ne pouvait donc pas en être exempt...
Lors de l'emménagement du nouvel appartement (voir épisode
précédent)l'absence totale de meubles et de bibelots bien qu'appréciable pour un déménagement me glace le sang. Heureusement l'ancienne locataire (une vieille dame morte quelques temps plus tôt) avait eu le goût exquis de tapisser toute l'entrée et le couloir d'un papier peint fort voyant dans les rouges et orangers qui me fit sentir immédiatement chez moi!!! Restait à refaire le salon et les chambres (moins heureux dans le choix des tapisseries). Bleu pour Mr Bouch' (évidemment) mordoré pour Lamousmé et crème pour le salon!!! Quelques meubles marrons années 50 récupérés de mes grands-parents finirent de donner le ton au futur salon...
Après toutes les émotions et quelques batailles avec les assurances et entreprises de réfection de l'ancien appartement (qui était en passe d'être vendu au moment du sinistre) nous finîmes par toucher quelques sous pour nous remeubler mais l'envie n'y était plus...
Jusqu'à ce que lors d'un séjour (comme toujours ressourçant) à Cabourg, je tombe en arrêt devant la vitrine d'une galerie de peinture ou un tableau me faisait visiblement de l'œil!!!! Une fois, deux fois, dix fois je passe devant m'extasiant toujours sur la peinture sans plus d'idée derrière la tête... mes très chers parents fins psychologues à leurs heures perdus me poussant à franchir le pas, je pénétrais dans la galerie où une femme relativement âgée me renseigna sur le prix. Un peu cher (forcément quand on n’a rien) mais pas inabordable. Une folie à faire me dit ma mère!!
Même Mr Bouch' approuvait sans réserve. Et puis ce titre..."Au boxon"... cette représentation d'un bordel fin de siècle avec ses putains rousses, ses poètes sosies de mon Rimbaud attablés devant une bouteille d'absinthe alors qu'en arrière cour se tient une séance de cinématographe pornographique...
La galeriste elle-même me pousse (vous me direz c'est son rôle) à acheter cette peinture qu'elle dit faite pour moi!!! Et là elle m'annonce qu'une autre personne est dessus (une femme aussi) mais elle m'avoue préférer que ce soit moi qui l'achète... allant jusqu'à me faire un rabais pour me convaincre. Excellente tacticienne commerciale ou pas (je ne le saurais jamais mais la galerie depuis à fermer ses portes) elle finit de me convaincre d'acquérir la toile!!! Le jour de l'achat elle téléphone même au peintre devant nous pour lui annoncer que "la personne parfaite" (sic) à acheter ce tableau (et lui détaille avec abondance ma rousseur, ma jeunesse et le "flash évident" qu'elle à eu du lien entre moi et la peinture!!!!
"Le boxon" trône désormais dans mon salon, des voilages rouge orangé, quelques meubles asiatiques acajous, un piano et une lampe tiffany achèvent de donner sa teinte à notre intérieur...et des livres des milliers de livres...des bibelots à nouveau entassés depuis 4 ans réimpriment ma marque (orange et bordélique) à ce nouveau "chez nous".

" Au Boxon " D. Lainé

Par ailleurs ce tableau m'a toujours fait penser à ce poème de Paul Verlaine,

Hombres. Œuvres libres.

À la Princesse Roukhine

C'est une laide de Boucher

Sans poudre dans sa chevelure,

Follement blonde et d'une allure

Vénuste à tous nous débaucher.

Mais je la crois mienne entre tous,

Cette crinière tant baisée,

Cette cascatelle embrasée

Qui m'allume par tous les bouts.

Elle est à moi bien plus encor

Comme une flamboyante enceinte

Aux entours de la porte sainte,

L'aime, la divine toison d'or !

Et qui pourrait dire ce corps

Sinon moi, son chantre et son prêtre,

Et son esclave humble et son maître

Qui s'en damnerait sans remords,

Son cher corps rare, harmonieux,

Suave, blanc comme une rose

Blanche, blanc de lait pur, et rose

Comme un lys sous de pourpres cieux ?

Cuisses belles, seins redressants,

Le dos, les reins, le ventre, fête

Pour les yeux et les mains en quête

Et pour la bouche et tous les sens ?

Mignonne, allons voir si ton lit

À toujours sous le rideau rouge

L'oreiller sorcier qui tant bouge

Et les draps fous. 0 vers ton lit !